
Les gouvernements ont un rôle crucial à jouer dans l'édification d'un Canada plus fort, mais leur capacité d'agir est limitée par ce que les Canadiens gagnent collectivement et par ce qu'ils sont disposés à payer pour appuyer le travail des gouvernements. Au fil des ans, les Canadiens peuvent voter de dépenser une part plus ou moins importante de leurs chèques de paie en produits et services provenant du secteur public plutôt que pour la consommation privée. Mais comme la dure leçon des années 1990 nous l'a appris, les services publics ne peuvent être supportés indéfiniment avec de l'argent emprunté. En bout de ligne, les gouvernements doivent vivre selon les moyens des Canadiens.
La bataille visant à éliminer les déficits répétés et croissants et à réduire l'inflation a dominé la politique fiscale du début des années 1990. Ces efforts ont porté fruit à la fin des années 1990 dans un contexte nord-américain et mondial de rapide croissance économique. Le gouvernement fédéral fut alors en mesure d'accumuler d'importants surplus budgétaires, de réduire la dette publique et de commencer à réduire les taux d'impôt tout en poussant ses dépenses à des niveaux records. Toutefois, en 2003, alors que la conjoncture mondiale met un frein à cette enivrante mais courte période de dépenses essentiellement sans entraves par les gouvernements canadiens, les choix fiscaux deviennent encore une fois plus difficiles.
À l'avenir, la mise en place d'un cadre fiscal responsable exigera que les gouvernements deviennent beaucoup plus conscients de la nécessité d'obtenir le meilleur rendement des sommes qu'ils dépensent. Ils devront évaluer rigoureusement et périodiquement l'efficacité de tous les programmes en place afin de libérer des ressources à l'appui de besoins naissants. Ils devront aussi repenser la composition ainsi que les niveaux de taxation de manière à percevoir les revenus dont ils ont besoin aujourd'hui tout en encourageant la croissance économique dont ils auront besoin pour financer les priorités de demain.